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classification

  • La vie sans Dewey

    Vous avez sans doute entendu parler de cette bibliothèque américaine qui a décidé de ne pas utiliser la CDD mais un système de rangement thématique comme en librairie. Il s'agit de la Perry Branch Library du Marycopa County Library District. Elle a ouvert ses portes le 07 juin dernier et son expérimentation d'un mode de classement sans Dewey fait beaucoup de bruit.

    A lire notamment : "Discord over Dewey" dans le Wall Street Journal du 20/07/07,"Dewey? At this library with a different outlook, they don't" dans le New York Times du 14/07/07, "Gilbert Library to be first to drop dewey decimal" dans le Arizona Republic du 24/07/07 et j'en passe...

    Le principe est simple : la Bibliothèque a abandonné le système Dewey, jugé trop compliqué pour les utilisateurs. A la place, des étiquettes avec des entrées thématiques simples - une cinquantaine de catégories- issues du Bisac System (Book Industry Study Group).

    Le débat fait rage dans le monde des bibliothécaires entre les partisans de Melvil qui dénoncent la "Barnes and Noblization" et la "Googlization" des bibliothèques et les adeptes d'un catalogue et d'un accès plus simples et plus proches des pratiques quotidiennes des utilisateurs.

    Jeff Scott (blog Gather No Dust) en a fait une visite et une analyse complète. En fin de compte si le système fonctionne c'est avant tout parce que c'est une petite bibliothèque, mais pour des recherches très précises, la CDD serait plus efficace. Il conclut : "However, a patron who doesn't know Dewey, wouldn't be able to find the dewey section. They would have to learn the system first, then they could go right over. Often I will take a patron to a section of Dewey if they are looking for books in general on the topic to the section since I know Dewey.Furthermore, if the BISAC library had that section sub-genred, they would find Civil War books in the Civil War section. I don't know a bookstore that doesn't have it sub-genred. So a BISAC library would have to unfurl the sub-genred section after a certain threshold. How many books are too many to scan in one section? That is what Perry Library will find out."

     Ce ne sont pas les seules innovations de la Perry Branch Library : des systèmes d'emprunt-retour automatiques, 40 PC en libre accès, des Tablet PC (Si vous voulez voir c'est ici la vidéo et les photos).

    Et pour finir, extrait d'un dialogue entendu par Jeff lors de sa visite :

    Grandmother: "What's Dewey?"
    Staff Member: "It is the category system most libraries use to organize their books."
    Grandmother (looking puzzled): "Oh, why do they do that?"

     

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  • Folksonomies, oui, mais...

    A l’occasion de la sortie du 4ème BBF de l’année, je vous invite à lire l’article de Olivier Le Deuff intitulé "Folksonomies". Il est à rapprocher de "The Hive Mind" de Ellyssa Kroski paru sur son blog en décembre dernier. Très enthousiaste, Ellyssa nous en commente longuement les avantages ("Folksonomies are inclusive, current, offer discovery, are non-binary, are democratic and self-moderating, follow desire lines, offer insight to user behavior, engender community, offer a low cost alternative, and usability"), tout en acceptant quelques inconvénients ("Folksonomies have no synonym control, have a lack of precision, lack hierarchy, have a basic level problem, have a lack of recall, and are susceptible to gaming”).

    Cela mérite quelques commentaires : D’une part, la folksonomy ne se réduit pas au tagging, or elle semble une peu trop assimiler les deux ; d’autre part les inconvénients qu’elle attribue au tagging donnent d’eux-mêmes une réponse : le tagging n’est pas une classification, cela n’a rien à voir. Attribuer des mots clés, n’est pas organiser, loin de là.

    En fait l’objectif est différent (retrouver, mémoriser pour l’un, chercher l’information pour l’autre), le contexte d’utilisation est différent , l’usage est différent. Donc il n’y a pas lieu selon moi d’opposer le tagging et les modes de description des documents utilisés par les professionnels de l’information. Ils peuvent tout à fait co-exister sans se remettre en cause l'un l'autre.

    Quand j’utilise del.icio.us, ou quand je taggue sur ce blog, j’attribue des mots clés de manière très subjective, parfois même mnémotechnique, car ce que je cherche avant tout c’est de me souvenir de tel article ou tel site. J’ « indexe » ainsi quelques centaines de documents. Même si je les partage avec d’autres (et c’est là, je pense l’avantage majeur de la folksonomy), qu’ils trouvent l’info avec mes mots clés, ou pas, ce n’est pas ma priorité.

    Quand j’indexe un document de la bibliothèque, je respecte le vocabulaire contrôlé, parce que l’objectif c’est de permettre aux utilisateurs de retrouver ce qu’ils cherchent parmi des dizaines de milliers de documents. Cela n’a rien à voir.

    Pour conclure, je suis tout à fait pour le tagging et la folksonomy, je pense que les avantages sont multiples et en ce sens je suis assez d’accord avec Ellyssa, tant que l’on reste hors d’un contexte précis : celui de la recherche d’information.

    Cependant dans le cadre des bibliothèques et centres de documentation, les tags peuvent aussi nous servir à voir avec quel vocabulaire nos utilisateurs cherchent pour mieux adapter notre vocabulaire contrôlé et le faire évoluer. L’idéal ? un système qui ferait le lien entre les tags (tiens donc, ne serait-ce pas un genre de langage naturel ?) et les mots clés du catalogue. Mais rien de neuf dans tout cela !!

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