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L'écrit, c'est fini ?

J’ai proposé fin novembre sur les réseaux sociaux un petit sondage sur les pratiques de lectures professionnelles. Je voulais mesurer un peu mieux un ressenti sur une certaine « désaffection » de l’écrit.

Avant de vous livrer la synthèse de ce sondage, voici d’abord quelques explications sur cette impression.

Cela fait maintenant de nombreuses aux années que je pratique l’exercice de la recherche d’information sur des thématiques liées aux métiers des bibliothèques, de la documentation ou des archives : recherche de références bibliographiques, d’articles de réflexion ou lectures professionnelles pour ma propre auto-formation ou par curiosité.

Depuis quelques temps (mois ? années ?) je suis perplexe sur le peu de contenu gratuit et/ou récent que je parviens à trouver sur le Web : peu d’ouvrages publiés, peu d’articles de fond, une nette diminution de réflexions sur les blogs d’experts, plutôt des billets très courts, des expériences à peine esquissées ou non analysées ni évaluées.

Plutôt pléthore de tweets, de retweets, des mêmes contenus, publiés et republiés sans souvent parfois même avoir été lus.

Lit-on moins ? Écrit-on moins également ?

Plusieurs explications me viennent en tête que je livre à votre réflexion :

  • Le manque de temps (c’est une explication qui ressort du sondage) ? Pris par un quotidien d’autant plus chronophage avec les outils numériques, on ne lit plus d’articles de fond, et l’on passe encore moins de temps à les écrire... Mais le manque de temps n’est-il pas tout simplement une baisse de l’envie de lire ou d’écrire ?
  • Le manque de référencement ? Le classement des résultats privilégiant une forme de popularité les contenus experts peu rediffusés et donc peu populaires disparaissent-ils au fin fond du Web ?
  • Le petit nombre d’éditeurs professionnels et de référence et/ou le petit nombre d’éditeur de revue professionnelle ? Peu ou prou je retombe toujours sur des articles du BBF, d’Archimag, ou d’Arbido. Excellentes revues au demeurant, que je lis régulièrement, mais qui ne peuvent traiter de tous les sujets.
  • Un désintérêt pour l’expertise, analyse, l’approfondissement au profit d’une lecture de surface et de vulgarisation ?
  • La perte de poids de l’écrit : à l’ère de l’image et de la vidéo, pourquoi se fatiguer ?
  • Une plus grande difficulté à lire ? C’est là une réflexion de formatrice, d’ex- prof en université : de plus en plus de personnes semblent  n’avoir plus les clés de la lecture ergative et ne savent pas par quel bout prendre un texte - on me pose souvent la question « faut-il tout lire ? » Comme si cela était obligatoire d’une part (lire en diagonale, repérer les idées principales semble un exercice disparu), et que d’autre part la lecture fatigue...
  • Quant aux auteurs où sont-ils ? Pourquoi n’ont-ils plus envie d’écrire de partager, pourquoi n’ont-ils plus le temps ? Pourquoi le nombre de blogs d’experts a-t-il tant diminué ? (Et je suis la première à publier moins qu’avant sur ce blog qui va fêter ses 13 ans dans un mois – c’est ma bonne résolution de 2019, publier de nouveau régulièrement des billets de fond).

InfographieLecturesPro.jpgC’est pour éclairer toutes ces questions que j’ai mis en ligne en novembre un petit sondage et merci aux 172 personnes qui ont pris le temps de répondre.

Quelques précisions sont importantes : cet échantillon n’est ni exhaustif, ni représentatif des trois grandes familles de métiers de l’information ; il s’agit donc d’un simple sondage, qui n’a rien de scientifique, les personnes ayant répondu faisant essentiellement partie de mon réseau, et par ce biais représentant des professions spécifiques. Néanmoins comme promis je vous en livre la synthèse sous la forme d’une infographie (cliquez sur l’image pour la télécharger).

Bonne...lecture :)

Lien permanent Catégories : Métier 4 commentaires Pin it!

Commentaires

  • salut Clotilde,
    intéressante démarche
    Mais je ne pense pas avoir répondu à ton sondage ? dommage !
    Je comprends que tu avais cadré le questionnaire sur le français (parce qu'il y a énormément de ressources en anglais....).
    Tu pourrais nous donner les questions ? pour que je me teste...
    .... Je note que 3/4 lisent sur support numérique ;-) d'où une idée (et mon vécu) : ce qui est proposé (contenu et outil) n'est pas adapté à la lecture sur écran, d'où un abandon progressif (difficulté à lire) . quand je vois que l'on nous propose que du A4....
    --- Question : quand tu dis "Peu ou prou je retombe toujours", tu recherches comment pour n'avoir que ces sources en réponse ? - bien sûr c'est aussi lié aux questions ;-) et à ton critère "gratuit" (perso je paye quelques articles et ouvrages à des éditeurs ;-)), mais je suis quand même étonnée...
    A suivre. Sylvie Dalbin

  • Merci d'avoir pris le temps de nous interroger et de faire la synthèse de nos réponses. Le facteur temps est, me semble-t-il, capital. Ce que je vois par mon petit bout de lorgnette de documentaliste territoriale, c'est une compression des moyens (financiers, humains, matériels...) qui dure depuis de nombreuses années et qui nous pousse à travailler le nez dans le guidon en permanence. L'adaptation à cette raréfaction des moyens, parfois brutale et dont on peine à comprendre la finalité tant elle semble érigée désormais en mode de fonctionnement "normal", est aussi chronophage qu'énergivore. Le bricolage (dans l'urgence) est devenu monnaie courante, ce qui pourrait être d'une richesse incroyable si justement on avait encore le temps de se poser, de prendre du recul et de partager nos expériences, plus ou moins réussies.
    Au plaisir de te lire plus souvent cette année si j'en crois tes bonnes résolutions ;-)

  • belle reflexion

  • Sylvie, pour répondre à tes questions :
    - chacun était libre de proposer des éditeurs ou revues de langue anglaise. Certains l'ont fait (allez au moins 5 sur 172 :))
    - et non je ne cherche pas que du gratuit : mon budget d'achat est assez conséquent. Je compare simplement le gratuit que l'on trouve aujourd'hui et celui que l'on trouvait "avant". Il me semble que l'offre s'est considérablement réduite.

    Aurélie, je pense que les termes clés de ta réponse sont : "le nez dans le guidon" et "dans l'urgence". Bon 4 billets depuis celui-ci j'ai repris un "petit rythme" :)

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