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  • Un bref état des lieux du financement participatif du livre et de la BD

    La France, qui compte aujourd’hui une centaine de sites (généralistes ou non), est le premier pays européen à s’être doté d'une législation encadrant cette activité avec l'ordonnance du 30 mai 2014 et le décret d'application du 16 septembre 2014.

    Rappel

    Le financement participatif (financement par la foule = crowdfunding) permet à un opérateur de collecter des fonds auprès d’internautes, afin de favoriser la réalisation de projets de toute nature : culturels, sociaux, économiques, etc. Pour faire bref, d’un premier roman à une expédition sous-marine dans le Grand-Nord, d’un camion permettant d’assurer des consultations médicales pour tous (Médecins du Monde) à un « Calendrier 2015-2016 des Immortels contre la suppression des Langues Anciennes prévue dans la réforme du collège 2016 », d’un stage de basket-ball à Kigali au Rwanda à l’achat d’un troupeau de vaches de races Aubrac en Rhône-Alpes.

    La France, qui compte aujourd’hui une centaine de sites (généralistes ou non), est le premier pays européen à s’être doté d'une législation encadrant cette activité avec l'ordonnance du 30 mai 2014 et le décret d'application du 16 septembre 2014.

     

    Les contreparties

    Pour son soutien, le financeur de projet bénéficie d’une ou plusieurs contreparties - mais peut choisir une proposition sans contrepartie : pour le livre, il peut s’agir, selon le cas, de l’ouvrage lui-même (en version numérique et/ou papier), d’une dédicace de l’auteur ou de sa « reconnaissance éternelle », d’une nouvelle inédite. Le nom du donateur pourra figurer sur la page de remerciements, recevoir l’ouvrage accompagné de badges, de cartes postales, sera invité à boire un verre avec l’auteur (l’auteur précise que les places sont limitées…), etc. Pour la BD le donateur recevra dans le désordre, un dessin original,  une affiche du livre, un marque-page, un tapis de souris, une sérigraphie numérotée, un T-shirt, un sac sérigraphié, une pochette-surprise…

     

    Historique

    Le premier roman financé sur collecte est celui d’Elena Klein, Cendrillon à Hollywood organisée sur le site My Major Company (MMC) qui, en mai 2010, a convaincu 315 contributeurs et récolté 25 000 euros. Il sera publié chez l’éditeur XO en novembre de la même année - 6 projets ont été financés avec succès pour XO sur MMC entre 2010 et 2011.

    La même année, la plateforme belge Sandawe, qui soutient des projets BD, lève la somme de 36 000 euros (260 « édinautes ») pour Il Pennello d’Allais et Perrotin.

     

    Les plus grosses collectes

    Les plus grosses collectes effectuées à ce jour concernent des ouvrages de jeux de rôle. Ainsi en 2013 la maison d’édition lyonnaise Black Book Éditions a levé par "précommande participative" 156 605 euros pour la seconde édition de son Pavillon Noir. Cette année figure parmi les trois plus gros montants collectés sur Ulule la septième édition de L’Appel de Cthulhu des Éditions Sans-Détour de Nancy, livre inspiré de l’œuvre de Lovecraft : pour 10 000 euros demandés, 402 985 euros ont été collectés grâce au soutien de 3766 « Ululeurs ». 

    Une communauté déjà constituée et regroupée autour d’une thématique fédératrice semble constituer un des facteurs clés du succès des opérations de collecte.

     

    Une offre hétérogène

    S’il est en soi pertinent, le choix des thématiques Edition & Journal  sur Ulule ou Livre et édition sur KissKissBankBank (KKBB) masque cependant l’hétérogénéité des projets qui y sont regroupés. Ainsi trouve-t-on au côté des livres et des bandes dessinées, un projet de financement d’une chasse au trésor, d’un film documentaire, d’un atelier d’écriture, d’un spectacle musical pour enfant, la restauration d’un dancing, etc. ce qui nuit parfois à la lisibilité générale de l’offre.

     

    Des projets en nombre limité

    Si les principaux sites généralistes affichent un taux de succès estimable  - 73% pour la BD et 62% sur Ulule, 51% pour Livre et édition sur KKBB - et comptent de nombreuses collectes éditoriales réussies (on pense parmi moult projets aux « 20 ans de BIs à la Cinémathèque française » par exemple,  le nombre de projets concernant le livre et la BD reste relativement marginal : ainsi sur les 456 projets en cours de financement au 1er septembre 2015 sur KKBB, environ 7% appartiennent à la catégorie Livres et édition – le pourcentage de la catégorie Edition & Journal  est quasi identique sur Ulule. Quant à MMC, sur les 174 projets en cours on trouve un seul projet de livre et aucun projet BD.

     

    Vers une disparition des sites spécialisés ?

    La disparition à la fin de l’été de Bibliocratie.com, qui depuis sa création en 2012 était parvenue à mener à terme une soixantaine de projets éditoriaux, pourrait bien sonner le glas des rares plateformes dédiées au livre : ainsi sur Bookly, après une vingtaine de projets financés depuis 2012, et malgré le succès de la série de Science-fiction/Fantastique La dernière âme  de Sandra Lehner (les 2 volumes ont recueilli au total 45 000 euros), seuls 2 livres sont aujourd’hui en cours de financement. De son côté Sandawe, qui a permis le financement de plus d’une trentaine de BD depuis sa création en 2009, cherche à s’ouvrir à d’autres domaines en lien avec la BD : objets d'art, reportages, applications pour smartphone, jeux, TV, sites internet.

     

    Le lancement de la version française du géant américain Kickstarter en mai dernier (déjà présent dans 11 pays) ne devrait pas leur simplifier la tâche.

     

    Liens :

    L’actualité du financement participatif sur AlloProd : www.alloprod.com

    La journée organisée autour du financement participatif de la culture le 5 juin 2015 par l’Agence Régionale du Livre et de la Lecture de Haute-Normandie (vidéos)

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